Privé du bout des doigts

lundi 31 mars 2008 par Gilles J. Guglielmi

L’association de « hackers » la plus importante d’Allemagne vient de publier l’empreinte digitale de l’index du ministre fédéral de l’Intérieur Schäuble.
Cette action démontre la fragilité des techniques biométriques de sécurité et la facilité de leur contournement.

Article du "Diepholzer Kreisblatt" du 30 mars 2008 (trad. Francis Segond) :

Les hackers provoquent le ministre de l’Intérieur Schäuble

Pour protester contre l’engouement de l’état pour la collecte de données, le « Chaos Computer Club » (CCC, l’association de « hackers » la plus importante d’Allemagne) vient de publier l’empreinte digitale de l’index du ministre fédéral de l’Intérieur Schäuble. Le porte-parole du CCC, Frank Rosengart, dénonce ainsi le fait que les empreintes digitales sont désormais conservées sous forme électronique dans les passeports. L’empreinte digitale (de Schäuble) est publiée dans l’édition actuelle de la revue de l’association, « Datenschleuder » (le « lance-données »).

Les déclarations de Rosengart confirment ainsi l’information révélée par "Focus Online". Les hackers publient un « album biométrique » en dernière page du « Datenschleuder », contenant entre autres une empreinte digitale de Schäuble. Rosengart a assuré qu’il ne s’agit pas là d’un faux. Lors d’une manifestation publique, un proche du CCC se serait procuré un verre dont Schäuble s’était servi pour boire.

Rosengart a confirmé qu’il s’agissait, du point de vue même du CCC, d’une « atteinte énorme aux droits de Schäuble quant au respect de sa vie privée », renvoyant l’action dans une zone de droit aux limites peu assurées. Selon lui, le CCC veut ainsi lancer le débat sur la question de savoir si l’enregistrement, l’utilisation et la publication d’empreintes digitales sont légalement admissibles [Note du traducteur : au risque de surprendre le public français qui n’en est plus à ça près, cette question fait vraiment débat en Allemagne].

Le CCC propose dans sa revue un gadget : l’empreinte du doigt de Schäuble en négatif, permettant ainsi au lecteur bricoleur de fabriquer sans grands frais un double sur feuille plastique. Collée au bout d’un doigt cette feuille permet, selon Rosengart, à l’utilisateur de se faire passer pour une autre personne sur un scanner d’empreintes digitales. Le CCC a déjà testé cette méthode avec succès. « Nous voulons poser la question, si l’empreinte digitale peut encore être considérée comme un critère de sécurité valable, alors que tout le monde en laisse un peu partout des centaines chaque jour ». Le ministère fédéral de l’Intérieur n’a pas pu être joint pour une déclaration.

Selon certaines sources bien informées, l’artiste Julien Prévieux, inventeur génial des lettres de non-motivation a relevé les empreintes digitales du président de la République française en lui faisant dédicacer un de ses livres à l’époque où il était ministre de l’Intérieur. A cette occasion, il avait publié les empreintes et fabriqué un tampon encreur pour les reproduire à l’infini (voir la "mallette" page 10 de son portfolio).

Pour nos lecteurs germanistes un autre article, du Spiegel Online


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